Apprentie maman,  Grossesse

Le pouvoir des mots pendant la grossesse

Lorsqu’on est enceinte, et ce dès le début de la grossesse, nous échangeons régulièrement avec des personnes qui travaillent dans le milieu médical. Et si la plupart du temps ces échanges se déroulent sans encombres et sont mêmes parfois très apaisants et agréables, il arrive aussi que certaines personnes ne nous accordent pas vraiment l’attention dont on a besoin ou soient même blessantes. Le problème, c’est que pendant la grossesse (et particulièrement au début pour ma part), les mots ont vraiment une signification particulière : on a besoin d’être rassurée et écoutée. Alors lorsque ce n’est pas la cas, on se sent vite abandonnée !

Avant de vous parler de mon expérience, il me semble important de souligner que mon but n’est pas, dans cet article, de mettre tout le personnel médical dans le même « sac » et de faire des généralités. J’ai eu la chance de rencontrer des médecins, des sage femmes, des secrétaires exceptionnel(e)s qui ont eu et ont encore une place primordiale dans mon parcours de future maman.

Si j’ai eu envie d’écrire cet article, c’est parce que je me suis rendue compte en discutant avec d’autres femmes enceintes que certaines expériences pouvaient s’avérer très marquantes et même parfois traumatisantes et qu’il me semble important d’en parler. D’une part pour se rendre compte que le monde de la grossesse n’est pas toujours tout rose, d’autre part parce que je pense que si j’avais mieux été préparée par rapport à certaines remarques ou attitudes, j’aurais peut être vécu les choses différemment mais aussi parce que je trouve que ça fait du bien de voir qu’on n’est pas la seule à vivre ces moments et qu’on vit toutes des expériences plus ou moins difficiles.

Lorsque j’ai su que j’étais enceinte, comme je vous l’ai déjà raconté ici, ma première réaction n’a pas été de sauter de joie. Ayant fait une grossesse extra utérine il y a 3 ans, j’ai tout de suite pensé : et si ça recommençait ? Le problème, c’est que je devais partir en voyage scolaire le surlendemain avec mes élèves (pendant 3 jours) et que je ne savais pas si j’allais pouvoir y aller. J’ai donc appelé la maternité et j’ai demandé à parler à la gynécologue qui m’avait suivie lors de ma première grossesse. J’ai expliqué à la secrétaire mon expérience et lui ai dit que je souhaitais simplement savoir si je pouvais partir sans problème. Après m’avoir fait patienter, la secrétaire m’a dit que la gynécologue n’était pas disponible mais qu’un autre médecin souhaitait me voir. Le lendemain étant un jour férié et le départ étant prévu tôt le matin suivant, je ne pouvais pas le rencontrer avant le voyage. J’ai insisté en disant que ce déplacement était vraiment important et que c’était compliqué pour moi de tout annuler à la dernière minute. Vous allez peut être me trouver inconsciente, mais je crois que je savais au fond de moi que je ne risquais rien… Et puis je ne me voyais pas annoncer aux enfants que tout était annulé alors qu’on avait préparé ce voyage depuis un an ! Je ne partais en plus pas très loin, donc je savais qu’au moindre problème, quelqu’un pourrait venir me chercher. Le gynéco m’a donc demandé de faire une prise de sang le matin même et d’en refaire une juste avant notre départ afin de vérifier que mon taux de Béta HCG augmentait normalement. Jusque là, tout allait donc bien, même si j’ai tout de même senti une petite gène chez la secrétaire que j’avais eu au téléphone.

En rentrant de voyage, je me suis donc rendue à la maternité pour une écho de contrôle. Le gynéco a commencé par m’expliquer que c’était lui qui avait pris en charge mon dossier car la gynécologue que j’avais eu précédemment avait refusé de me prendre. Elle était tout simplement contre le fait que je parte. Elle n’a même pas eu la décence de prendre mon appel et de me donner son point de vue. Ayant eu des rapports difficiles avec elle lors de ma GEU, je me suis dit que ce n’était pas plus mal. Je n’ai jamais rencontré personne plus froide et moins compatissante. Je ne comprends pas que l’on puisse faire ce métier et se comporter de cette façon avec une patiente… Après ça, le gynéco m’a fait une écho et a vu que le sac embryonnaire était bien placé : pas de GEU pour cette fois ! J’aurais donc du être heureuse et ressortir apaisée de ce rendez-vous. Mais avant de nous laisser, le gynéco m’a fait une remarque que je n’ai pas vraiment comprise sur le coup : « Bon maintenant, il va falloir faire tout ce qu’on vous dit. Si on vous demande de vous arrêter vous n’aurez pas le choix ». Je lui ai simplement répondu que ce voyage était une situation exceptionnelle et que pour rien au monde je ne mettrais en péril ma grossesse. J’ai ensuite compris qu’il avait discuté avec mon ancienne gynéco. Le problème, c’est que suite à ma GEU, dont j’ai eu beaucoup de mal à me remettre, cette dernière voulait que je fasse un certain nombre de tests pour essayer de savoir pourquoi je ne retombais pas enceinte. J’ai laissé passer pas mal de temps avant de faire certains d’entre eux et je n’ai jamais fait certains. Je n’avais pas envie de me lancer dans des démarches trop médicalisées, je ne me sentais pas prête et j’avais envie de laisser faire la nature. Je pense que cette dame n’a pas apprécié que je ne suive pas ses recommandations. Et au lieu d’essayer de comprendre que je puisse ne pas vouloir devenir une souris de laboratoire, elle s’est fait de moi l’image d’une personne entêtée et irresponsable. Et bien aujourd’hui, je ne regrette pas de ne pas m’être lancée dans tous ces tests. Alors c’est vrai, vous me direz que j’ai eu de la chance d’arriver à retomber enceinte et que cela ne se passe pas toujours de cette façon. Mais je trouve aberrant d’être jugée de cette façon, juste parce qu’on décide de laisser faire les choses.

Après ce rendez-vous plutôt culpabilisant et assez expéditif (moi qui m’attendais à pouvoir poser plein de questions, je suis repartie bredouille…), j’ai décidé de prendre rendez-vous avec un autre gynéco pour l’échographie suivante (j’étais quand même surveillée de près et devait donc faire des échos tous les 15 jours jusqu’à la T1). Le deuxième gynéco que j’ai rencontré a été beaucoup plus agréable et attentionné. En revanche, j’ai trouvé le rendez-vous encore une fois super rapide. J’étais frustrée de ne pas avoir plus de détails, de ne pas être plus écoutée. J’en attendais peut être trop… Le « tout va bien » aurait du me suffire. Mais ce n’était pas le cas. J’avais besoin d’être rassurée, de sentir qu’on s’intéressait vraiment à mon cas. D’après pas mal de mamans avec qui j’ai pu en discuter, les échographies se déroulent malheureusement souvent de cette façon. Le problème, ce que je peux comprendre, c’est que les médecins sont souvent débordés et qu’ils voient les patientes à la chaine. Du coup, je trouve qu’on est parfois déshumanisés… Et si le reste du temps je le supporte et l’entends, je trouve qu’enceinte c’est plus difficile à accepter. Parce que c’est une période où on a vraiment besoin d’être « chouchoutée » et où on a besoin de toute l’attention possible. Mais ce n’est pas toujours le cas. Alors peut être que mon expérience précédente a amplifié chez moi cette nécessité d’être rassurée et que d’autres futures mamans ne le vivent pas de la même façon… Mais je me dis que, connaissant mon passé, il aurait été normal que quelqu’un prenne le temps de m’expliquer les choses posément et d’échanger avec moi sur mes possibles angoisses.

Heureusement, les personnes qui m’ont suivi ensuite ont été à la hauteur de mes espérances, voire même au delà ! Lorsque j’ai dû prendre rendez-vous pour l’échographie suivante (qui correspondait à l’échographie de datation), on m’a indiqué que les deux gynécos de la maternité n’étaient pas disponibles et on m’a donc proposé de voir une sage femme échographiste. Personnellement, quand j’entends le mot « sage femme« , j’ai le cœur qui pétille… Parce que pour moi il n’y a pas plus humain et plus compatissant que les personnes exerçant ce métier. Encore une fois, je fais un peu des généralités, mais il se trouve que ma théorie s’est toujours vérifiée 🙂 Vous imaginez donc que j’ai sauté sur l’occasion et que j’ai immédiatement accepté. Je crois que c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Cette dame a été tout simplement exceptionnelle. Dès le premier contact, elle a été très prévenante et attentionnée. Vous allez rire, mais il y a une chose qui m’a marquée… Quand elle est venue me chercher dans la salle d’attente, elle m’a demandé si je souhaitais aller aux toilettes avant l’écho afin que cela ne soit pas désagréable ! Et bien aucun des gynécos que j’avais pu voir avant ne s’étaient inquiétés de ça. C’est complètement anodin comme question mais ça a représenté beaucoup pour moi. J’ai une fois de plus été surprise lorsque, alors que j’allais me déshabiller, elle m’a dit qu’elle allait d’abord essayer de faire l’écho sur le ventre. Là encore, les gynécos ne s’étaient même pas posé la question ! Bon, c’est vrai qu’au tout début de la grossesse, on n’a pas vraiment le choix… Mais finalement, ça coûte quoi d’au moins essayer ? Le reste du rendez-vous a été aussi parfait que la façon dont il avait commencé : la sage femme a été très précise et nous a tout expliqué dans les moindres détails. Elle nous a demandé si nous avions des questions, a fait le tour de tout ce qui pouvait nous préoccuper et nous a donné plein de conseils. Vous l’aurez donc compris, ce rendez-vous a changé ma façon de voir les choses. Bien entendu, nous avons demandé à ce que ce soit elle qui nous suive pour les échos suivantes. Et elle a été vraiment super ! Malgré tous les petits soucis que j’ai pu avoir, elle a toujours eu les bons mots, a toujours fait preuve d’un grand professionnalisme et a pris le temps de nous expliquer les choses.

J’ai aussi eu la chance d’être suivie par une sage femme libérale vraiment géniale pendant la grossesse. J’ai retrouvé chez elle cette capacité à nous faire sentir bien et vraiment pris en compte. Elle a su adapter les rendez-vous à notre expérience et à nos besoins et a toujours entendu nos demandes et nos doutes.

Je crois que ce que je retiens de tout ça, c’est que c’est important de bien choisir les personnes qui nous suivent pendant notre grossesse. C’est un moment trop important pour qu’on laisse des personnes le gâcher juste avec des mots ou des attitudes. J’espère ne pas vous avoir perdu(e)s avec ce long récit qui a peut être pu paraître un peu exagéré pour certain(e)s. Mais c’était vraiment important pour moi de vous parler de ce pouvoir des mots lorsqu’on est enceinte. J’ai lu ou entendu tellement de choses horribles que certaines femmes ont pu vivre ou subir que je me suis dit qu’il fallait en parler. Parce que comme je le disais au début de l’article, le simple fait d’échanger, cela permet de se sentir moins seule et aussi de mieux se préparer.

N’hésitez pas à commenter et à me faire part de vos expériences (bonnes comme mauvaises !), cet article est là pour ça. J’ai hâte de vous lire 🙂

2 commentaires

  • Shasha

    Bravo Mathilde pour ce formidable article reflétant vraiment ce que malheureusement nous pouvons rencontrer lors d’un certain parcours médical, grossesse ou autre j’imagine.
    J’espère que ces personnes aux tacts inuhumains et aux paroles dures et déplacées se reconnaîtront, pourront se remettre en question et donc s’améliorer.
    Je crois de toute façon au CARMA et un jour il rendra la pareille à ces personnes parfois odieuses.
    Merci à toutes les autres personnes, humaines et à l’écoute, qui relèvent fort heureusement le niveau et qui dégénéralisent les faits que tu dénonces.
    Il faut je pense, ne pas hésiter à stopper les rencontres si celles-ci ne se passent pas comme nous l’espérions et faire quelques recherches pour trouver le ou la professionnelle qui saura être humaine avant tout! Pour ma part, merci les avis Google 😉😊
    J’ai trouvé une sage femme (femme) à l’écoute, douce et rassurante, qui a su cerner et comprendre mes craintes suite à ma fausse couche de l’an passé. Je rêvais d’empathie et malheureusement mon gynéco homme en manquait énormément sans parler de sa secrétaire.
    Encore merci Mathilde pour ton retour d’expérience car il est clair que l’on se sent moins seule et que ça peut aider d’autres personnes à ne pas être décontenancés face à ce que l’être humain peut parfois nous démontrer. Il existe des gens bien, ouf, il faut juste se donner peut être un peu de mal pour les trouver.
    À très vite pour un nouvel article et donc un nouveau commentaire 😉😊
    Bien à toi et belle fin de grossesse surtout 😚😊😚😊

  • mathildec1190-mathildabord

    Merci encore à toi Sharlen pour ces échanges ! Tu as raison, il existe beaucoup de gens biens, et heureusement !!

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